Excès de vitesse sans radar : la verbalisation est-elle vraiment possible ?

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Excès de vitesse sans radar : la verbalisation est-elle vraiment possible ?

S’il est un mythe qui circule sur nos routes, c’est bien celui du radar tout-puissant, seule bête noire des adeptes de la pédale lourde. Spoiler : ce n’est pas (seulement) une question de flashes et de photographies peu flatteuses. Derrière la répression routière, il y a des juristes, du discernement… et parfois une moustache sous le képi !

Des amendes sans radar : la loi au service des agents

Contrairement à une idée reçue, les forces de l’ordre ne sont pas contraintes d’agiter leur radar homologué pour verbaliser une infraction de vitesse excessive. Oui, vous pouvez être sanctionné, même si le bip fatal du radar ne s’est pas fait entendre ce jour-là.

La sanction ? Une amende de 135 euros, que vous n’aurez pas envie de coller sur le frigo en guise de souvenir. Cette amende peut pourtant être contestée, mais attention : tout repose alors sur la précision des circonstances notées par l’agent verbalisateur. Un fort trafic, la pluie, ou tout autre élément relevé au moment des faits devra être dûment mentionné. Sinon, gare à l’irrégularité !

Plusieurs voies pour constater l’excès de vitesse

Pas de radar ? Pas grave, répond le Code de la route ! L’emploi d’un radar n’est qu’un mode de preuve parmi d’autres. On trouve, dans cette noble liste :

  • Les procès-verbaux rédigés par les forces de l’ordre
  • Les présomptions de fait appréciées par les juges
  • L’aveu du prévenu (l’honnêteté, c’est bien, mais parfois ça coûte cher)
  • Les constatations visuelles effectuées par l’agent sur le terrain
  • Le chronométrage entre deux bornes kilométriques, pratique de plus en plus rencontrée via des vidéos publiées sur le net
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En somme, la machine s’efface parfois au profit de l’œil humain et du ressenti judiciaire.

Le juge, lui, n’est pas en reste. Le Code de la route précise que les infractions peuvent être établies par tout mode de preuve, et il revient au juge de décider selon son intime conviction. Autrement dit : si les policiers n’ont pas sorti la valise radar, ils ne partent pas bredouille devant le tribunal pour autant.

Ce que l’absence de radar change (ou pas)…

N’allez cependant pas croire que l’absence de radar mène automatiquement à une sanction plus douce ! En réalité, il y a une subtilité de taille : sans preuve issue d’un appareil homologué, les forces de l’ordre ne peuvent pas retenir votre permis de conduire dans le cadre d’une suspension administrative décidée par le préfet. Pour « coincer » un automobiliste au titre d’une infraction à la vitesse maximale autorisée, il faut bel et bien un appareil homologué pour que la sanction administrative tombe.

Mais pour l’amende, aucun problème : la preuve peut être apportée par d’autres moyens, et la note peut vite grimper. Conseil d’ami, donc : ce n’est pas parce que vous n’avez pas croisé de radar caché derrière un buisson que vous pouvez jouer à Fangio sans risque.

Quand la répression routière donne des leçons à d’autres secteurs…

Petite pique glissée, parce qu’on aime bien relever les contradictions françaises : « Si nos élites avaient pu prédire et gérer notre politique industrielle comme ils gèrent la répression routière, ce serait le plein emploi en France et nos banlieues seraient encore à l’image de la France ouvrière de 1950 à 1970 ». Apparemment, la vitesse reste la grande obsession des décideurs, peut-être le seul domaine consensuel où ils peuvent afficher des résultats probants, qui sait ?

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À retenir sur la route : L’excès de vitesse sans radar, c’est possible. La verbalisation se bâtit sur plusieurs types de preuves, pas seulement un flash. Mais pour perdre votre permis par suspension préfectorale, il faudra que le radar — homologué celui-là — entre en scène.

Roulez donc prudemment et, avant de râler contre la maréchaussée, souvenez-vous : leur arsenal est plus vaste qu’on ne le croit, et le juge garde toujours le dernier mot.