Qui n’a jamais gloussé, en rentrant dans une voiture grillée par le soleil, devant la température affichée au tableau de bord ? 50 °C, vraiment ? Non, personne ne vous invite à cuire des œufs sur le capot… Mais si la température annoncée par votre fidèle destrier motorisé vous semble délirante, ce n’est pas le fruit du hasard. Et, surprise : les experts vous conseillent de ne pas y croire sur parole !
Pourquoi cette différence sidérante entre la température affichée par votre voiture et le ressenti réel ?
Lorsqu’il fait chaud, il n’est pas rare de voir la température affichée grimper à des sommets dignes du Sahara après quelques heures en plein soleil. Heureusement, l’air extérieur reste respirable, même si votre tableau de bord essaye de vous faire croire le contraire.
La raison de ce décalage ? Il faut d’abord savoir que la vaste majorité des véhicules affichent fièrement une température extérieure… sans posséder le moindre thermomètre ! Non, il ne s’agit pas d’un oubli du constructeur : la relève de la température est assurée par un composant électronique baptisé thermistance. Si le nom sonne presque aussi sérieux qu’un professeur de chimie, sa mission est toute simple : mesurer les variations de température, mais à sa façon.
Thermistance ou thermomètre ? Le match pas si serré…
Alors, quelle est la différence ? La thermistance mesure la chaleur via les variations de courant électrique qui la traversent. Tandis qu’un thermomètre classique (vous savez, celui qui vous collait sous le bras quand vous étiez malade) utilise des liquides comme l’alcool ou le mercure, lesquels se dilatent ou se contractent en réaction au chaud ou au froid. Sur le papier, la thermistance a de sérieux arguments pour plaire aux constructeurs automobiles : petite, bon marché et efficace.
Mais – car il y a un « mais » – son efficacité dépend surtout de là où elle se trouve. Selon la chaîne météo américaine The Weather Channel, le souci n’est pas dans la technologie, mais dans son emplacement. Installées à l’avant des véhicules, derrière la calandre, les thermistances sont proches du sol. Résultat ? Elles captent non pas la température de l’air, mais celle du bitume !
Quand le bitume fait des siennes : effets de surchauffe et de confusion
Il faut bien l’admettre : le bitume a le chic pour retenir la chaleur. Le noir de la chaussée absorbe toutes les longueurs d’onde du soleil, y compris les infrarouges, qui sont de redoutables générateurs de chaleur. Olivier Moglia, responsable du développement produit Bitumes chez Total, le précisait déjà en 2016 pour Science et Vie :
- Lorsque l’air affiche entre 30°C et 40°C au soleil, la route peut monter à 60°C, voire 70°C à sa surface.
Vous l’aurez deviné : la température affichée par votre voiture reflète donc plus celle du sol que celle de notre bonne vieille atmosphère. De quoi donner un coup de chaud… au moral !
Les risques quand la température tombe : attention au piège hivernal
Le décalage entre la température ressentie et la température affichée n’est pas qu’une curiosité estivale. Il peut devenir un vrai danger lorsque l’hiver s’invite sur les routes. En effet, le bitume garde la chaleur, ce qui fausse une fois de plus la lecture du tableau de bord.
Pire : même si elle ne semble n’être qu’une affaire de quelques degrés, cette différence est loin d’être négligeable. Un écart de deux ou trois degrés peut faire la différence entre une chaussée simplement mouillée et une véritable patinoire : route verglacée en approche ! Si l’on fait trop confiance à cette température affichée, le risque est de rouler sans la vigilance nécessaire au réel état de la route.
- Exemples d’écarts dangereux : entre 0°C affiché et la réalité, la route peut être glissante alors que vous pensiez simplement à une flaque.
- Le conducteur, trompé par son tableau de bord, pourrait être tenté de conserver une conduite normale, là où il faudrait redoubler de prudence.
Alors, la prochaine fois que le chiffre affiché par votre tableau de bord s’amuse à flirter avec les records (dans un sens ou dans l’autre), gardez la tête froide. Votre voiture n’est pas météorologue ! Moralité : méfiez-vous des apparences numériques et, surtout à l’approche du zéro, adoptez une conduite plus vigilante que jamais, histoire d’éviter les mauvaises surprises sur la route.

Marc décortique l’univers automobile et motocycliste avec un œil technique et passionné. Son expérience sur route et en atelier lui permet d’analyser performances, entretien et innovations du secteur. Ses articles guident les conducteurs dans leurs choix et leur compréhension mécanique.

