Imaginez un logement qui change de forme aussi facilement que les pièces d’un Tetris, au gré de vos envies et besoins. C’est à Tours que ce rêve d’habitat ultra-souple devient réalité, offrant jusqu’à 450 combinaisons possibles pour agencer ou réinventer son espace de vie. Un puzzle grandeur nature où l’immobilier se fait enfin caméléon… et un brin joueur.
Vivre comme on l’entend… et modifier son logement à volonté
Qui n’a jamais rêvé de transformer son logement quand la vie évolue ? C’est désormais possible dans une copropriété de presque 6000 m² fraîchement conçue à Tours. Prenons le cas, fort répandu, d’un couple dont les enfants sont partis du nid : inutile de se déraciner ou de voir trop grand. Ici, ils peuvent conserver leur cher cinq-pièces en ne gardant que ce qu’il leur faut… et vendre uniquement trois pièces. Et si deux studios voisins veulent unir leurs forces (ou leurs mètres carrés), ils peuvent fusionner sans problème. Résultat : 450 combinaisons différentes pour répondre à chaque étape de la vie. Pratique, non ?
Architecture sans frontières… ou presque
À première vue, ce bâtiment ne se distingue pas d’un immeuble classique. Mais attention, l’innovation ne saute pas forcément aux yeux. À y regarder de plus près, aucun mur porteur ne sépare les pièces à l’intérieur : seuls la façade et le noyau structural remplissent cette mission. La magie du lieu repose sur un système d’alvéoles, chacune avec au moins une fenêtre (question de luminosité et d’agrément, tout de même).
Chaque pièce correspond à une alvéole, considérée elle-même comme un lot de copropriété indépendant. Acheter un trois-pièces ? Vous voilà détenteur de trois alvéoles, et donc de trois lots distincts.
- Si l’alvéole du voisin vous fait de l’œil, inutile de lever un sabre administratif : il ne s’agit que d’un simple transfert de propriété, après information du syndic.
- Côté travaux, le vendeur finance la fermeture de l’alvéole, l’acquéreur prend en charge le déplacement d’équipements, comme une cuisine ou une salle de bain.
- Même les terrasses sont modulables : un logement sans balcon pourra céder ou récupérer une alvéole au sommet du bâtiment.
Cerise sur le gâteau : le droit de préférence. Si votre voisin compte vendre, vous serez le premier au courant, histoire de pouvoir agrandir sans louper l’occasion.
Souplesse technique et juridique à tous les étages
Mais comment déplacer, au gré des ventes et des fusions, des pièces aussi techniques qu’une salle de bain ? Grâce à un ingénieux plancher technique : les fluides et câblages électriques courent au sol, ce qui permet une grande liberté d’aménagement. Chaque alvéole dispose de sa propre armoire électrique et de ses accès techniques. En clair, tout le plateau intérieur de chaque étage est totalement modulable, sans avoir à se creuser trop longtemps la tête (ni le béton).
Côté prix, le mètre carré s’affiche à 3008 euros. Il reste encore 4 appartements à vendre parmi les 114 logements et les 280 alvéoles proposés. Selon Didier Boulin, président de Crescendo, il regrette toutefois que 80 % des réservataires actuels soient des investisseurs, alors que le modèle visait initialement à favoriser davantage d’accessions pures pour les particuliers.
L’un des points forts de ce concept ultra-flexible ? Si un foyer doit annuler sa réservation (exemple : crédit refusé), le logement peut être remis sur le marché et transformé jusqu’à 6 mois avant la livraison. Dans la promotion immobilière classique, la configuration est figée d’entrée de jeu.
Vers un immobilier plus intelligent et durable
Ce logement évolutif coûte 25 € HT de plus par mètre carré, soit à peine 1,25 % du coût total de la construction, somme absorbée par une légère baisse de marge d’Arkéa Flex, la filiale du Crédit Mutuel Arkéa pilote du projet. « Bien souvent, il y a une vraie déconnexion entre la conception initiale des immeubles et les besoins du territoire, ce qui conduit à l’obsolescence », déplore Florent Lemaire, directeur exécutif d’Arkéa Flex. Depuis début 2024, le concept a déjà séduit 10 promoteurs ou bailleurs sociaux. Sur les logements sociaux, 45 % sont sous-occupés : impossible, ou presque, de reloger les familles quand les enfants quittent le nid. Ici, il suffit de répartir des alvéoles pour répondre à la demande.
Côté syndic, Foncia, chargé de la copropriété après la livraison (prévue le 13 mars), veille au respect des règles essentielles : conserver le plancher technique, sans quoi la modularité disparaît. La présidente Krystel Bruneau rassure : pas de charges extravagantes à prévoir, la gestion intelligente des communs est assurée dès la genèse du projet. Autre avantage, ce système ne demande pas de changement d’usage comme pour les immeubles réversibles, simplifiant ainsi la vie des copropriétaires.
Souplesse : voilà le mot-clé. Grâce à un cadre juridique pensé dès le départ et une technique bien huilée, ces logements ouvrent la voie à des habitats aussi vivants que ceux qui les occupent. Fini le casse-tête, vive le Tetris immobilier… à vous de jouer !

Marc décortique l’univers automobile et motocycliste avec un œil technique et passionné. Son expérience sur route et en atelier lui permet d’analyser performances, entretien et innovations du secteur. Ses articles guident les conducteurs dans leurs choix et leur compréhension mécanique.

